PER, don, immobilier locatif ou PEA : comparer les leviers d’optimisation fiscale
Quatre façons de réduire son impôt en France n’ont ni le même fonctionnement, ni le même horizon. Voici comment elles se comparent avant de choisir.
PER : une économie immédiate, mais différée dans le temps
Un versement sur un plan d’épargne retraite (PER) se déduit de votre revenu imposable : l’économie d’impôt cette année équivaut à votre taux marginal d’imposition (TMI) multiplié par le montant versé. À 30 % de TMI, verser 3 000 € économise 900 € d’impôt cette année.
Le piège à connaître : ce n’est pas un cadeau, c’est un report. À la sortie (retraite, ou capital), les sommes déduites sont réintégrées dans votre revenu imposable — l’intérêt réside dans le pari que votre taux d’imposition sera plus faible une fois à la retraite.
Le don : une réduction à taux fixe, indépendante de votre tranche
Contrairement au PER, un don à une association ouvre droit à une réduction d’impôt à taux fixe — 66 % du montant donné, ou 75 % pour les dons à des organismes d’aide aux personnes en difficulté — quelle que soit votre tranche d’imposition. La réduction est plafonnée à 20 % de votre revenu imposable ; l’excédent se reporte sur les 5 années suivantes.
Un don reste néanmoins une dépense nette : la réduction abaisse son coût, elle ne vous enrichit jamais.
Immobilier locatif (Denormandie) : un engagement long, une réduction élevée
Investir dans l’ancien avec travaux en zone éligible, en s’engageant à louer 6, 9 ou 12 ans, ouvre droit à une réduction de 12 %, 18 % ou 21 % du montant investi (plafond de 300 000 € par an et 5 500 €/m²). C’est le levier le plus engageant dans le temps, mais aussi celui à l’avantage cumulé le plus élevé sur la durée.
PEA ou assurance-vie : faire fructifier une épargne sans levier fiscal immédiat
Contrairement aux trois précédents, le PEA et l’assurance-vie n’offrent pas d’économie d’impôt à l’entrée — leur avantage se joue à la sortie. Un PEA détenu plus de 5 ans est totalement exonéré d’impôt sur le revenu sur les gains (seuls les 17,2 % de prélèvements sociaux restent dus), contre 30 % de flat tax sur un compte-titres ordinaire. Une assurance-vie de plus de 8 ans bénéficie d’un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple), puis d’un taux réduit de 7,5 % au-delà.
Questions fréquentes
Lequel de ces leviers choisir en premier ?
Cela dépend de votre objectif : réduire l’impôt de cette année (PER, don) ou faire fructifier une épargne sur la durée (PEA, assurance-vie) ne sont pas des choix concurrents — beaucoup de foyers combinent plusieurs leviers selon leur horizon.
Ces réductions sont-elles soumises au plafonnement des niches fiscales ?
Certaines le sont (comme le dispositif Denormandie, intégré au plafonnement global des avantages fiscaux à 10 000 € par an) ; d’autres non (le don n’entre pas dans ce plafond). Vérifiez toujours le cas de votre situation avant de cumuler plusieurs dispositifs.